Les Invisibles

20 février 2019 - 117 vues

De Louis-Julien Petit, avec Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noemie Lvovsky, Deborah Lukumuena, et Sarah Suco.

Les invisibles, ce sont ceux et celles qu'on ne voit pas, ou qu'on ne veut pas voir. Là, nous sommes avec elles, et c'est une bonne chose, enrobée d'humour et de tendresse pour ces femmes dont le quotidien est partagé entre les travailleuses sociales, aidantes, éducatrices ou bénévoles, un quotidien organisé de loin par l'administration qui les accueille le jour, et les envoie la nuit venue ailleurs avec les sacs contenant tout ce qu'elles possèdent, quotidien qui peut être bouleversé par la suppression d'un centre. Le charme du film c'est la vraie tendresse, le vrai respect, exprimés et ressentis pour elles, la drôlerie de certaines situations qui évite que l'on en pleure, c'est l'humour des dialogues, c'est l'énergie que donne tout ce petit monde pour vivre jour après jour, et peut-être sortir de la précarité. On fait leur connaissance à leur arrivée au petit matin au centre d'accueil de jour, qui leur permet de se poser, de se réchauffer, de prendre une douche : un moment de répit, de partage d'infos, elles se sont choisi un pseudo, c'est Lady Di, Brigitte Bardot, que des noms de femmes belles et célèbres pour oublier qu'elles n'ont plus de place dans la société avec leur véritable identité.

Le centre d'accueil va fermer, pas assez de réinsertion, on va jusqu'à dire que les assistantes, les bénévoles les « chouchoutent » trop, et que cela les empêche de s'en sortir ! Alors dans un sursaut d'énergie et d'inventivité dans les combines, vont se créer des ateliers beauté, ateliers vêtements, ateliers CV, rencontres d’entreprises, quelques soient les moyens pour leur rendre leur fierté, et éventuellement un travail.

Porté par des actrices merveilleuses, vraies comédiennes et vraies « invisibles » ayant connu l'horreur de la précarité, par des dialogues aussi réalistes que drôles, le film nous emmène avec bienveillance et humour dans leur vie, et c'est un bonheur, et tant pis si certains nous disent que c'est un conte fait de bons sentiments et de recettes, on espère que l'aventure du film a fait du bien à ces « invisibles », comme à nous qui avons été à leur côté pendant le temps du film, et pour longtemps.

Martine

Projections au Ciné Islais

Vendredi 22 février : 18h15

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article