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12 février 2020 - 240 vues

Une réalisation magistrale de Sam Mendes, qui propose de nous faire vivre un épisode court mais intense de la Grande Guerre, inspiré des récits de son grand-père, avec George MacKay, Dean-Charles Chapman et Mark Strong.

Pendant la première Guerre Mondiale, deux jeunes soldats britanniques, Schofield et Blake, reçoivent la mission d'aller porter un message au-delà des lignes ennemies, dans une course contre la montre, pour empêcher une attaque qui ferait tomber dans un piège mille six cents soldats.

Ce film est absolument magnifique, déjà remarquable en termes techniques, puisqu'il est constitué du début jusqu'à la fin, c'est à dire pendant deux heures, d'un seul plan-séquence qui immerge le spectateur dans la réalité mortifère de cette guerre effroyable, lui fait partager avec les deux soldats leur parcours chaotique et les risques de mort à tout moment. On ne les quitte pas un instant, ces deux si jeunes hommes, qui avancent dans la pire zone de guerre, armés de leur seul fusil. Le scenario est simple, sans digressions, peu de dialogues, et c'est bouleversant. Bouleversant et lumineux à la fois, grâce à une photographie sublime, que ce soit sous le soleil ou sous l'éclat des bombes illuminant un village en ruines, ou devant un avion et une ferme en feu, beauté des photos qui saisissent l'émotion dans des paysages de mort, quand dans les ruines d'une maison le jeune soldat croise une jeune femme et un bébé survivants dans les lueurs des bougies et dans le vacarme des bombes, uniques personnages de vie et de grâce, qui pourraient être des signes d'espoir et d'avenir s'ils n'étaient pas pris dans l'absurdité de la guerre. Bouleversant et angoissant à chaque instant, et suspense final dans ce marathon désespéré à travers les tranchées pour transmettre le message et suspendre l'assaut.

Pourquoi ce film est bouleversant, parce que ce n'est pas seulement du cinéma beau et virtuose, c'est aussi une réflexion philosophique sur des thèmes essentiels, car dans ce petit morceau d'histoire, durant les quelques heures qu'auront vécu les deux soldats, que nous vivons avec eux, se concentrent symboliquement toute la vie humaine, depuis l'origine avec la photo de famille sur le cœur, les événements, les drames, la perte d'un compagnon, les dangers, les rencontres, les répits et la mort. Je pense que ce film est une vision, une vision sombre du sens de la vie, une vision lumineuse de l'homme. 

Je signale que certains spectateurs n'y ont vu qu'un jeu vidéo, sans surprise ni émotion, regrettant de n'avoir pas vu un vrai film de guerre… Ça mérite discussion !

Martine

Projections au Ciné Islais

Mercredi 12 février : 20h30 VO

Samedi 15 février : 18h00 VO

Mardi 18 février : 20h30 VF

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