Au revoir là-haut

15 novembre 2017 - 153 vues

Après Bernie et 9 mois ferme pour lequel il a reçu 2 Césars en 2014, Albert Dupontel revient avec un 6e long métrage : Au-revoir là-haut, adapté du roman éponyme de Pierre Lemaître qui avait reçu le prix Goncourt en 2013.

Le film se passe à la fin de la première guerre mondiale, avec deux rescapés des tranchées : Edouard, joué par Nahuel Perez Biscayart que l’on a vu récemment dans 120 battements par minute, issu de la haute bourgeoisie, est défiguré à vie. L’autre, Albert, joué par Albert Dupontel, d'origine modeste, est sain et sauf. Ils vont monter une arnaque aux monuments aux morts, par vengeance, autant personnelle que contre l’armée et les institutions.

Fidèle au roman qu’il adapte, Albert Dupontel filme les laissés-pour-compte, les oubliés de la Grande guerre. Ce sont les archétypes sociaux du livre qui ont intéressés le réalisateur, il y a vu un pamphlet contre l'époque actuelle, car notre époque aussi a ses gueules cassées : pour Pierre Lemaître « Les sans-abris d’aujourd’hui, eux aussi ont fait une guerre, une guerre économique ».

On retrouve dans le film la thématique sociale où s'opposent les modestes aux puissants, récurrente dans les films de Dupontel. Mais Au revoir là-haut se démarque des films précédents dans son côté épique, notamment dans la reconstitution du champ de bataille ou des tranchées. Dupontel crée un univers irréaliste dans le Paris de l’après-guerre, flirtant avec l’onirisme, utilisant des couleurs passéistes, et mettant en scène des masques que conçoit Edouard pour dissimuler son visage défiguré, qui font référence aux artistes de l’époque : Cocteau, Duchamp ou encore Modigliani.

Pour Albert Dupontel, l’adaptation coulait de source : « Le livre de Pierre Lemaitre est un véritable mode d’emploi pour un scénario tant son écriture est visuelle et ses personnages parfaitement définis psychologiquement, le tout dans une narration aux rebondissements continus. » Pour les fervents lecteurs du livre, il faut savoir qu’Albert Dupontel a modifié la fin. Pierre Lemaître a été consulté durant l’écriture du scénario mais il a souhaité laissé une totale liberté au réalisateur dans son adaptation, afin qu’il propose sa propre version du livre.

Les seconds rôles sont très bien interprétés. On retrouve Laurent Lafitte dans le rôle de l’odieux capitaine Pradelle, spécialisé dans l’escroquerie autour de la mort. Niels Arestrup interprète le richissime père d’Edouard qui croit son fils mort. On peut cependant regretter que les personnages féminins soient si peu creusés, malgré qu’ils soient tenus par Emilie Dequenne et Mélanie Thierry.

Fanny

 

Projections au Ciné Islais

Samedi 18 novembre : 20h30

Samedi 25 novembre : 18h00

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